Cette fin de semaine à Ste-Julie, les deux équipes du Parc Olympique de Montréal sont allées se faire couronner de la coiffe des champions du monde de rugby du Québec de la saison 2011!
Pour l’occasion, Stéphane Hamel, Président du club, Champion du monde de rugby à 7 du Québec 2011 et double Champion du monde de rugby à 15 du Québec 2011 (Équipe 1 + Équipe 2) a eu la gentillesse de nous adresser un petit mot :
Salut tout le monde,
Quelle belle saison. Champion du Monde du Québec à 15, champion du monde du Québec à 7, domination totale en réserve, montée en Super Ligue et, bien qu’il n’y ait pas de trophée pour ça, champion du monde du Québec de la troisième mi-temps. J’étais déjà très fier de vous puisque l’objectif qui vous avait été fixé en début d’année était la montée en Super Ligue. J’ai même déjà mentionné que les Coupes étaient secondaires, mais je dois dire que depuis samedi, mon avis a changé sur les Coupes. Quelle belle journée vous nous avez fait vivre samedi. Ce fut deux matchs âprement disputés, tout le monde a contribué, certains y ont même laissé un nez et à la fin de la journée, on était tous champions.
Un gros merci à tous les joueurs, anciens, partisans, blondes, entraîneurs et à Guy pour cette saison mémorable. Apprécions ces titres de champion puisque depuis ce matin, on est en Super Ligue et tout est à refaire.
Stéphane
8h30 Samedi 24 Septembre 2011.
Montréal commence à peine à se réveiller. Un Soleil timide tente de percer les nuages. Il fait un peu frais ce matin-là, sans doute la rosée qui humidifie l’atmosphère mais l’ambiance de la ville qui se réveille est agréable. Un groupe de copains s’est donné rendez-vous dans le sud de la ville pour déjeuner. Un samedi matin comme un autre pourrait-on croire, pourtant ces garçons-là se sont retrouvés de bonne heure pour ce qui allait être la journée la plus importante de leur année sportive.
Dans 4 heures pour certains et 6 pour d’autres, c’est le coup d’envoi de la finale du championnat de rugby du Québec 2011.
4 mois d’entraînements, 4 mois de matchs, de douleurs, d’acharnements, de sacrifices…4 mois passés à travailler pour espérer ce jour. Encore 80 minutes d’efforts et plus qu’un rêve, ce sera la coupe des champions qu’ils pourront peut-être soulever.
S’ils se sont retrouvés si tôt, c’est parce que tous pesaient l’importance de ce jour. L’importance d’être ensemble quelques heures avant l’ultime bataille…
À l’heure du petit déjeuner, les accolades sont chaleureuses et le plaisir de se sentir proches réchauffe les corps. On parle de tout et de rien, inutile de discuter de la finale, chacun y pense, tous sont déjà suffisamment concentrés et nerveux. Les regards complices parlent bien plus que n’importe quel discours. Nul besoin de mauvaise pression, elle aura largement envahie les estomacs dans quelques heures. On préfère s’embêter sur les différents résultats de la France et du Canada en Nouvelle-Zélande, rigoler, sourire, peut-être aussi s’amuse-t-on pour se rassurer que ça va bien aller et qu’on se serrera tous les coudes à l’heure de vérité…
Il est difficile de savoir ce que les joueurs ressentent. Ce mélange de joie, d’impatience, d’envie, d’appréhension, d’évasion, de concentration…C’est une explosion de sensations qui devient presque insupportable. Des montées ponctuelles d’adrénaline, le cœur qui s’emballe, les poils au garde-à-vous, la journée s’annonce être longue, et pourtant seulement 80 minutes après le premier coup de sifflet elle sera finie. Ainsi régnait cette atmosphère particulière d’avant-finale dans ce petit restaurant de Montréal. Au milieu de tout ce petit monde, l’Histoire du Parc Olympique continuait de s’écrire sans que personne ne le sache, mais au fond de tous ces yeux pétillants d’envie, chacun rêvait à la plus belles des histoires…
Midi.
La ligne de non-retour est franchie pour l’équipe réserve du Parc O. Dans une demi-heure c’est le début de leur guerre, la dernière de l’année. Face au RCM, finaliste surprise, les retrouvailles sont crues. Le match est très engagé et les rouges du RCM ne veulent pas se contenter d’une place de second. Même bousculés, les p’tits gars du Parc Olympique ne doutent jamais, personne ne failli et tous redoublent d’efforts. Les partisans, déjà présents en masse, se font entendre et motivent au maximum l’équipe. Dans ce match plus que jamais intense, quel plus bel exemple d’abnégation que celui du numéro 9 et capitaine de l’équipe, Stéphane Urèche, figure emblématique et incontournable du rugby au Québec (depuis maintenant quelques années!), qui a joué plus de 60 minutes avec le nez cassé…Sans aucun doute le Capitaine Courage de la journée qui a su montrer l’exemple et emmener ses troupes jusqu’au bout! Rajoutons que le « Spiderman » national (un de ses nombreux surnoms au sein du groupe) fut récompensé du trophée de l’Homme du match. Un trophée amplement mérité.
Menés 5-0 à la mi-temps, après un essai tout en puissance du pilier très costaud Antoine ‘’Mini-Big’’ Boislard, le RCM n’arrivera jamais à franchir la ligne adverse. L’équipe 2 en a décidé ainsi, leur en-but sera un fort imprenable. Finalement c’est à la toute fin de la partie que le Parc O se libérera en inscrivant un 2ème essai, par leur numéro 8 remplaçant Alex Sayegh, qui leur sécurisait un écart suffisant en cas de mauvaise surprise.
3 derniers coups de sifflet retentissent et c’est la joie sur le terrain sur la marque finale de 10 à 0. Peut-être le score ne reflète-t-il pas la saison grandiose qu’a connu l’équipe réserve cette année mais qu’importe, une finale se gagne quelle qu’en soit la manière. Chose faite pour ces joueurs qui nous aurons épaté à chaque nouvelle partie tout au long de la saison. Ils peuvent être plus que fiers de ce qu’ils ont accompli cette année et doivent d’ores et déjà être prêts à relever les baux défis de la Super Ligue. Bravo aux joueurs!
Alors que le champagne et la bière commencent à couler sur le terrain de l’équipe réserve, dans le même temps, les joueurs de l’équipe 1 sont déjà à l’échauffement et peuvent à peine profiter de la joie de leurs copains de l’équipe 2.
La tension est désormais palpable sur le visage des joueurs. Les gens affluent de plus en plus aux abords du terrain et c’est devant un public bien garni que le match va avoir lieu. (La légende veut que certaines personnes parlent de milliers de spectateurs venus pour l’occasion et d’un match joué à guichet fermé…)
Les joueurs, maintenant totalement dans leur bulle, retournent au vestiaire une dernière fois. Dorénavant tout est entre leurs mains, ils ne peuvent s’en tenir qu’à eux-mêmes. Dans les vestiaires, ils se préparent à leur façon, oubliant tout ce qui gravite autour du stade, c’est d’abord pour être ensemble et se récompenser de leur saison qu’ils veulent gagner. Prendre du plaisir, jouer pour celui d’à côté…à leur entrée sur le pré, personne pourra dire le contraire, ils étaient prêts. C’était écrit dans leurs regards, aujourd’hui personne ne les battra.
Ça y est, ils y sont! À la veille du 30ème anniversaire du club emblématique, l’Histoire du Parc Olympique de Montréal peut être écrite en lettres d’or. Sur les côtés du terrain, entre anciens, jeunes, amis, entraîneurs, partisans…tous qui ont eu, ont et auront affaire au Parc O de près ou de loin sont présents ; ce sont des générations entières qui se sont regroupées pour pousser derrière les bleus et noirs. Les anciens, se rappelant qu’à une époque c’est eux qui écrivaient l’Histoire, et dont certains d’ailleurs seraient prêts à rechausser les crampons pour ressentir de nouveau ces sensations indescriptibles, les autres, par passion du rugby et pour ce que le Parc Olympique est capable de prodiguer.
Comme on pouvait s’y attendre, les chocs sont rudes, le combat difficile, et il ne faudra pas relâcher la pression une seule seconde.
Le Parc Olympique ne cesse d’être pénalisé en première période, peut-être souvent à tort. Les Scottishs n’en demandent pas tant et inscrivent le premier essai de la partie malgré une confiance visible sur le visage des joueurs du Parc O. Menés 5 à 3 pendant quasiment toute la première période, il faudra attendre le dernier jeu pour que le numéro 12 Grégoire Gathier réalise une interception remarquable et s’envole sur 50 mètres pour inscrire l’essai qui donnera l’avantage au Parc O 8 – 3 à la pause. La seconde période sera un exemple de défense propre aux valeurs du Parc Olympique. Bien que continuellement pénalisé, le Parc O ne bronche pas et retourne à la besogne à chaque coup de sifflet. De surcroît, c’est grâce à leur combativité qu’ils seront récompensés. Les Scottichs, qui ne cessent de douter, commettent de plus en plus de fautes flagrantes et sont immédiatement punis par la botte de l’arrière du Parc Olympique, Xavier Birot, qui a su faire fi de la pression et creuser un écart de plus en plus lourd jusqu’à atteindre le score de 17 à 5 deux minutes avant la fin de la partie. Ce n’est plus qu’une affaire de secondes, mais tout le monde l’a compris, le Parc Olympique va devenir le champion 2011. Peut-être les joueurs le ressentent-ils aussi car ils auront un dernier rappel à l’ordre avec l’essai du désespoir inscrit par les Scottishs à la toute fin de match. Qu’importe, la fin de la partie vient juste d’être sifflée et c’est une explosion de joie! Les minutes qui suivent sont quasiment indescriptibles. Tout se bouscule, il devient difficile de penser, de réaliser, de se rendre compte que le Parc O est allé chercher sa Coupe avec les tripes. Le terrain est aussitôt envahi par la grande famille du Parc O, les yeux sont humides, les mains tremblent et les étreintes sont étouffantes. Des cris, des sauts, des embrassades, on sait plus où donner de la tête, et il faut plusieurs minutes pour qu’un semblant de calme revienne sur le terrain pour la remise des coupes. C’est ainsi dans l’euphorie la plus totale que le Parc Olympique, par l’intermédiaire de leur très fier Capitaine Michel Paulo, s’est fait remettre les Coupes des Champions du monde de rugby du Québec 2011. Il est important de noter aussi que l’époustouflant troisième ligne et numéro 6 Lester Martinez fut récompensé du titre d’Homme du match après une partie hors du commun.
Entre le jubilé du numéro 8 Constantin Badila, la dernière saison du légendaire et mythique physiothérapeute Guy, le départ de certains joueurs étrangers comme ceux appartenant au village gaulois d’Ussel, sans oublier tous ceux qui n’ont pas pu être présents au rendez-vous pour diverses raisons, la liste des ‘’symboles’’ pour ce match serait trop longue. Plus qu’un match très particulier et spécial, c’est pour tout ce tas de raisons que cette finale restera à jamais gravée dans les mémoires. Une Coupe de Champions pour un club de Champions!
Ainsi pouvons-nous tous les féliciter! Bravo pour ce que chacun d’entre eux ont réalisé tout au long de cette merveilleuse saison 2011. Bravo au Président, Stéphane Hamel, aux entraîneurs, Sydney Sandford, Paul St-Onge, Stéphane Cayla, à Guy, personnage incontournable depuis tant d’années et dont les mots sont insuffisants pour décrire l’exploit qu’il a encore réalisé cette année et bien sûr, bravo aux joueurs sans qui ces deux finales n’auraient pu être gagnées. Bravo à tous ceux qui ont toujours cru au Parc O, qui se sont déplacés toute l’année pour encourager les joueurs, aider, soutenir, n’importe quoi qu’ils aient pu faire.
La saison 2011 s’achève donc comme tous l’auraient souhaité, en Champions! Après cette longue fin de semaine de fête, de chansons, de rugby, de victoires, le repos des guerriers est bien mérité. L’hiver québécois s’en vient doucement mais sûrement ; l’occasion pour soigner tous les petits bobos, reprendre des forces, se tenir en forme et repartir encore plus fort pour la saison 2012 qui sera très certainement haute en couleurs! 2012 où les ambitions et les objectifs ne manqueront pas, et où nous en sommes sûrs, les joueurs ne manqueront pas de se surpasser une fois de plus pour aller plus que jamais au-delà d’horizons encore jamais atteints.
Nous irons encore nous faire casser la gueule en cœur, oui, nous irons…
Michel
Sans oublier tous les autres joueurs, absents, blessés ou qui ont participé à d’autres rencontres…: